| Extraits du colloque académique
"Zones d'Education Prioritaire"
(08/04/1998)
Le développement de l'implication des familles dans
le projet Z.E.P.
et les modalités de relations opérationnelles avec les parents
au service de la réussite des élèves
L'ensemble des Z.E.P. de l'académie a mené une réflexion
sur l'implication des familles dans le projet Z.E.P. au service de la
réussite des élèves. L'étude des contributions
des 21 Z.E.P. permet d'établir d'abord un constat. Ce constat est
suivi de suggestions ou propositions pour répondre aux deux questions
qui sont posées :
comment intéresser
les parents à la scolarité de leurs enfants ?
comment faire
émerger des interlocuteurs représentatifs ?
Commençons par le constat qui se décline en une dizaine
de points qu'on retrouve dans la plupart des comptesrendus:
- Les parents connaissent mal le système éducatif
et sont mal informés de ce qu'est une Z.E.P., sinon par l'association
Z.E.P.=quartier difficile, banlieue, échec scolaire, violence, conduites
déviantes, donc une image négative relayée trop souvent
par la majorité des médias.
- Une partie des enseignants qui exercent en Z.E.P.
connaissent mal les conditions de vie ou les cultures des élèves
dont ils ont la charge.
- La communication entre les enseignants et les familles
est difficile pour des raisons multiples : familles nonfrancophones, illettrisme,
niveau de langue utilisé, "jargon" des enseignants pas toujours
compris.
- Les relations familleécolecollège
deviennent de plus en plus rares et difficiles au fur et à mesure que
l'enfant avance dans son cursus scolaire
A l'école maternelle, les parents rencontrent quotidiennement les enseignants
en venant conduire et rechercher leur enfant. Le passage au C.P. marque un
premier coup d'arrêt à ces relations, surtout si l'enfant montre
des difficultés dans les apprentissages fondamentaux.
L'entrée en 6ème ne fait qu'aggraver le phénomène,
surtout pour les enfants en difficulté, voire en grande difficulté.
- Les parents sont trop souvent "convoqués"
et non "invités". Ces convocations interviennent en général
en période de crise pour règler soit des problèmes de
comportement, soit des problèmes d'apprentissage. Ceci rappelle souvent
aux parents un vécu scolaire difficile, ce qui ne les incite pas à
venir spontanément à l'école ou au collège.
- En général, les parents ont des attentes
très concrètes de l'école : apprentissages fondamentaux,
préparation d'un avenir professionnel ou insertion sociale.
- La participation des parents aux réunions
institutionnelles est généralement jugée insuffisante
par les enseignants (réunions de rentrée, réunions parentsenseignants
par classe, rencontres pour discuter des évaluations en CE²6ème).
- Plus les enfants sont en difficulté et plus
les parents évitent les rencontres avec les enseignants. Doiton en
conclure la déresponsabilisation des familles ? Certains enseignants
le pensent.
- Souvent, les parents élus dans les conseils
décole ou les conseils d'administration des établissements en
Z.E.P., ne sont pas représentatifs de l'ensemble des parents. D'ailleurs,
les fédérations de parents d'élèves n'ont pas
toujours de représentants dans ce type d'établissements.
- L'éloignement du collège dans certaines
Z.E.P. rurales ou urbaines dont le périmètre scolaire est très
large, rend difficile la venue des familles quand cellesci n'ont pas de véhicule.
L'état des lieux étant fait, voyons quelles suggestions,
propositions et expériences ressortent de ces comptes rendus.
- Tous les acteurs Z.E.P. s'accordent pour dire qu'il est impérieux
d'améliorer la communication entre l'école et les familles.
- Certains établissements scolaires ont rédigé des guides
d'accueil pour les parents, d'autres éditent des journaux d'école,
de collège ou de Z.E.P.
- Tous ces documents écrits doivent faire l'objet d'une attention toute
particulière pour être lisibles.
- D'autres supports sont également utilisés, par exemple les
cassettes vidéo comme "L'école au coeur de la vie".
- Il faut aussi arriver à faire circuler l'information oralement pour
les parents qui ne maîtrisent pas la lecture. Dans les Z.E.P. où
se trouve une forte concentration de familles d'origine étrangère
nonfrancophone, le recours à des interprètes, par le biais des
associations, permet d'établir des relations avec les familles.
- Certains collèges organisent une formation pour aider les parents
de Z.E.P. à mieux remplir leur rôle de délégués.
- Pour les établissements qui n'arrivent pas à avoir des représentants
de parents élus, il apparaît nécessaire de trouver des
personnes "relais" en s'adressant aux associations de quartier :
associations de femmes, d'aide aux devoirs, associations culturelles et sportives.
- Les personnels non enseignants : infirmières, assistantes sociales,
conseillers principaux d'éducation, conseillers d'orientation, psychologues,
sont des personnes ressources qui permettent d'établir un dialogue
avec les familles par le biais de leurs actions spécifiques.
- L'arrivée des emplois-jeunes, d'aideséducateurs est mentionnée
comme un nouvel élément possible de communication avec les familles.
- Les parents doivent être invités pour accompagner des groupes
d'élèves, à l'occasion des sorties. Par ailleurs, certains
parents ont des compétences qui ne sont pas à négliger
pour aider à l'animation d'ateliers.
- L'école doit développer toutes les actions de valorisation
des travaux des élèves : journées portes ouvertes, expositions,
films, théâtre, musique, chant choral.
- L'organisation de kermesses, carnavals, fêtes à thème,
fêtes multiculturelles est mentionnée pour favoriser les rencontres
avec les parents sur un terrain autre que scolaire. Partout où ces
manifestations existent, il semble qu'elles mobilisent un grand nombre de
parents et introduisent des moments de convivialité indispensables
au sein de l'école.
- Dans certains établissements, la mise à disposition de B.C.D.,
C.D.I., sites informatiques, a permis d'ouvrir l'école aux parents
en les accueillant et en leur permettant de s'associer à des actions
comme les classes lecture, par exemple.
- Pour aider les parents à mieux comprendre le travail de leur enfant,
certains enseignants les accueillent dans leurs classes pendant certaines
séquences pédagogiques.
- Des "ateliers de parents" ont été mis en place dans
certaines Z.E.P. : ateliers d'alphabétisation, de lutte contre l'illettrisme,
d'aide à l'accompagnement scolaire ... Ces actions ont un impact positif
sur les familles qui y participent.
- Il faut profiter des temps forts que sont l'entrée en maternelle,
au C.P., en 6ème pour mobiliser les familles.
- Les rencontres à l'occasion des inscriptions doivent être des
moments privilégiés pour que les parents se sentent accueillis
et qu'une relation de confiance s'établisse. Pour cela, il est indispensable
de prendre du temps. Peutêtre pourraiton, au collège, constituer
une petite "cellule de rentrée", composée d'élèves,
de parents, d'enseignants et autre personnel. Celle-ci serait chargée
d'accueillir et d'informer les nouveaux venus.
- Les réunions de rentrée doivent permettre de préciser
les objectifs de l'école, d'informer les familles sur les programmes,
les évaluations, les projets de classe, d'école, de cycle ou
de zone.
- Dans le cadre de l'éducation à la citoyenneté, le règlement
intérieur doit être présenté et discuté.
Conclusion
|
Toutes les contributions de notre académie s'accordent
à souligner le rôle déterminant des parents, dans
la scolarité de leurs enfants.
La diversité des suggestions ou expériences
relatées montre que les enseignants des Z.E.P. ont le souci de
rendre l'institution scolaire plus accessible aux parents (surtout aux
parents les plus désemparés face à l'école)
en les aidant à comprendre les enjeux de chaque étape du
système écucatif.
Les actions à mettre en place sont multiples et
s'inscrivent dans la durée. Leur diversité doit permettre
de "toucher" un maximum de parents.
L'évaluation de ces actions est souvent mentionnée
dans les comptes rendus, elle devrait permettre de mieux les cibler et
d'en mesurer les effets.
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© Académie de Rouen
Mise à jour : 30 Août 2005